L’auteur du produit
Jimenez Julien, fondateur de Mesurine
J’écris les logiciels que je construis, et je ne construis que ce que j’ai vu de mes yeux. Mesurine est né dans des ateliers de couture français, entre une table de coupe et un miroir sur pied, à écouter des couturières expliquer pourquoi elles n’osent pas demander un acompte.
Ce que je fais, en une phrase
Je conçois des logiciels de métier pour des professionnelles françaises qui exercent seules ou à quelques mains, et dont la difficulté n’est pas technique mais commerciale : dire un prix, poser une limite, faire signer un document et tenir un délai sans abîmer une relation de confiance.
Mesurine est celui que j’ai écrit pour la couture sur mesure féminine. Il ne touche ni à votre patronage, ni à votre goût, ni à votre main. Il tient le cahier.
Éditeur : MLJ, SASU, SIREN 934 769 837, Paris.
Pourquoi la couture sur mesure, et pas autre chose
Au départ, il y a une conversation dans un atelier d’Angers, un jeudi de février. Une couturière installée depuis dix neuf ans me montre son carnet : une double page par cliente, des colonnes de mensurations au stylo bille, des échantillons agrafés, et en bas de page des bâtons de comptage groupés par cinq. Je lui demande ce qu’ils comptent. Elle répond : « les essayages que je n’ai pas facturés ». Il y en avait onze depuis le début de l’année.
Ce carnet disait tout. Cette professionnelle savait exactement où partait son argent. Elle n’avait aucun outil pour l’empêcher, parce que l’empêcher ne demande pas un tableur, cela demande un document que la cliente lit et signe avant que le tissu ne soit coupé. Ce document n’existait nulle part sous une forme utilisable : ni dans les logiciels de gestion pour artisans, trop génériques, ni dans les modèles de contrat trouvés en ligne, rédigés pour du bâtiment ou de la prestation intellectuelle.
J’ai passé les mois suivants à visiter d’autres ateliers, à Toulouse, à Lille, à Nantes, à Clermont Ferrand et dans deux villes moyennes de Bretagne. Vingt trois ateliers en tout, tous tenus par des femmes, presque toutes entre trente cinq et soixante ans. J’ai demandé à voir des devis réels, des carnets réels, des échanges avec des clientes réelles. J’ai relu, avec leur accord, quarante et un dossiers de commande complets, de la première photographie envoyée par la cliente jusqu’à la livraison.
Les cinq choses que j’ai vues et qui reviennent partout
La première : le devis se fait de mémoire. Un chiffre rond, annoncé au téléphone ou en fin de rendez vous, qui mélange la conception, le patronage, la toile, le montage, les finitions et le tissu. Une fois les fournitures déduites, les couturières que j’ai rencontrées travaillaient en moyenne à quatorze euros de l’heure, sur des pièces qu’elles vendaient pourtant à un prix que leurs clientes trouvaient élevé.
La deuxième : la prise de mesures est le moment le plus délicat de la relation, et le moins outillé. Toucher la taille d’une femme de cinquante ans qui n’aime pas son ventre, lui demander de se tenir droite, relever une hauteur de poitrine, tout cela demande de la douceur et de la méthode. Les ateliers qui prenaient leurs mesures dans un ordre fixe, avec des mots préparés, allaient plus vite et rataient moins de toiles.
La troisième : le mot essayage n’a pas le même sens des deux côtés du miroir. Aucun des quarante et un dossiers relus ne mentionnait le nombre d’essayages inclus. Aucun. La moyenne réelle constatée était de trois virgule quatre essayages par pièce de cérémonie, pour un nombre attendu par l’atelier de deux.
La quatrième : l’acompte se demande rarement, et quand il se demande, il se demande mal. Beaucoup de couturières écrivaient « arrhes » en pensant « acompte », sans savoir que la nuance décide de qui peut renoncer et à quel prix. Certaines avançaient trois cents euros de tissu sans un euro encaissé.
La cinquième : la mémoire orale remplace le contrat. Trois semaines après un essayage, plus personne ne sait qui a demandé de remonter l’encolure, ni si c’était compris. Le doute profite rarement à l’atelier, parce que l’artisane préfère céder que se fâcher.
Ce que j’ai décidé de construire, et ce que j’ai refusé
J’ai construit un outil qui produit un seul objet central : le cahier de commande. Tout le reste, le guide de mesures, le calcul de prix par poste, le suivi du temps, le carnet matières, existe pour que ce document soit exact, lisible et signé avant la coupe.
J’ai refusé trois choses. D’abord, tout ce qui ressemble à un logiciel de gestion agressif : pas de tableau de bord clignotant, pas de vocabulaire de performance, pas de discours sur la productivité. Une couturière qui ouvre Mesurine doit voir un document d’atelier, pas un outil de contrôle.
Ensuite, la prise de mesures automatique par photographie ou par scan. Les démonstrations sont impressionnantes, les résultats ne tiennent pas sur des morphologies adultes réelles, et surtout elles suppriment le seul moment où la couturière et sa cliente construisent leur confiance. Le mètre ruban reste dans vos mains.
Enfin, le paiement en ligne. Mesurine ne prélève rien, ne se place jamais entre vous et votre cliente, et n’encaisse aucun acompte à votre place. Il écrit, il date, il compte. Vous encaissez comme vous l’avez toujours fait.
Ma méthode de travail sur ce produit
Chaque fonctionnalité de Mesurine est née d’une phrase entendue en atelier, et repart en atelier avant d’être publiée. Je travaille avec un groupe de neuf couturières installées, réparties sur six départements, qui reçoivent chaque nouveauté avant sa mise en service et qui ont le droit de dire non. Le module de compte rendu d’essayage a été refait trois fois pour cette raison : il était trop long à remplir entre deux clientes.
Je relis les textes juridiques avec le même sérieux que les textes d’interface. Les mentions relatives au bien nettement personnalisé, à l’information précontractuelle, à la distinction entre arrhes et acompte, à la médiation de la consommation et à la conservation des pièces comptables sont rédigées à partir du Code de la consommation et du Code de commerce, dans une langue que votre cliente comprend sans dictionnaire. Mesurine ne remplace pas un conseil juridique : il vous évite d’écrire vos documents à partir de rien.
Enfin, je réponds moi même aux demandes qui arrivent par le formulaire de ce site. Ce n’est pas une posture : c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé de continuer à savoir ce qui se passe réellement dans un atelier au mois de mai, quand quatre robes de cérémonie doivent sortir la même semaine.
Mes convictions produit
- Un document signé vaut mieux qu’une conversation réussie. La conversation reste, elle est simplement adossée à quelque chose.
- Compter n’est pas se méfier. Montrer à une cliente les essayages consommés et ceux qui restent la rassure autant que vous.
- Un prix décomposé se défend, un prix rond se négocie. Séparer la conception des finitions change la conversation avant même d’avoir parlé du montant.
- Le temps d’atelier est la seule matière qui ne se rachète pas. Il se mesure, sinon il se donne.
- Un logiciel de métier doit disparaître pendant le travail. S’il faut penser à l’outil au moment d’épingler une pince, il est mal conçu.
Les neuf articles du Carnet de mesures
Je tiens moi même Le Carnet de mesures, le magazine d’atelier de Mesurine. Ces neuf articles sont parus le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du site. Ils reprennent ce que j’ai vu en atelier et citent nommément les textes français applicables, du code de la consommation au code de commerce.
-
Comment prendre les mesures d’une cliente adulte sans devoir refaire la toile ?
Préparation de la cabine, ordre fixe des relevés, zones sensibles d’une morphologie adulte et fiche de mesures validée le jour même. Lecture de 8 minutes.
-
Une cliente peut elle annuler une commande sur mesure déjà lancée dans votre atelier ?
Bien nettement personnalisé, vente hors établissement, information précontractuelle, arrhes et acompte, médiation de la consommation. Lecture de 9 minutes.
-
Pourquoi vos commandes sur mesure vous prennent elles deux fois plus d’heures que prévu ?
Six fautes de cadrage courantes, de la mesure prise par dessus le vêtement au compte rendu d’essayage qui n’a jamais été écrit. Lecture de 8 minutes.
-
Faut il facturer une robe sur mesure au forfait, au temps passé ou poste par poste ?
Forfait par modèle, taux horaire d’atelier et prix décomposé par poste, avec le tableau de choix selon le type de commande. Lecture de 8 minutes.
-
Comment se déroule une commande de robe de cérémonie, du premier rendez vous à la livraison ?
Le déroulé complet d’un dossier de robe de cérémonie, de l’entretien d’écoute à la livraison, modification hors périmètre comprise. Lecture de 9 minutes.
-
Que devez vous avoir validé avant de couper dans le tissu payé par votre cliente ?
La liste de contrôle avant la coupe, du dossier signé au droit fil, avec les trois cas qui imposent de reposer les ciseaux. Lecture de 7 minutes.
-
À quel moment de l’année faut il ouvrir vos commandes de tenues de cérémonie ?
Le rythme d’une année d’atelier, ouverture des commandes de cérémonie, fermeture des fournisseurs et échéances administratives. Lecture de 8 minutes.
-
Combien vous coûte vraiment un essayage supplémentaire offert à une cliente ?
Le chiffrage poste par poste d’un essayage offert et la méthode de calcul d’un taux horaire d’atelier qui absorbe toutes les charges. Lecture de 8 minutes.
-
Comment la demande de réparation et de transformation change elle votre métier de couturière ?
Réparation, transformation de pièces héritées, tissus achetés en ligne et rendez vous à distance, avec les décisions à prendre. Lecture de 8 minutes.
L’éditeur, MLJ
Mesurine est édité par MLJ, société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le SIREN 934 769 837 et inscrite au Registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur et le directeur de la publication.
MLJ conçoit et exploite des logiciels de métier destinés à des professionnelles indépendantes françaises. La société ne revend aucune donnée, n’héberge aucun outil de mesure d’audience sur ses sites, et ne pratique pas la vente en ligne : chaque abonnement démarre par un échange, puis par un devis nominatif.
Pour toute question sur le produit, sur une reprise de dossiers en cours ou sur les conditions d’abonnement, écrivez à jimenezjulien42@gmail.com, ou passez par le formulaire de la page d’accueil. La réponse arrive sous deux jours ouvrés.
Où me suivre
Les publications professionnelles, les notes de terrain et les mises à jour du produit sont partagées sur ces cinq espaces.